< 2/ Les salarié·es déjà durement impactés par la crise | Lutte Virale

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2.1 – 55 % des cadres ont perdu ou vont perdre des congés

Champ : salarié du privé

Dans le privé :

  • 55  % des cadres ont ou vont perdre des congés ou RTT (dans le détail, 40 % ont perdu, 15 % vont perdre)
  • 50  % des professions intermédiaires ont ou vont perdre des congés ou RTT (dans le détail, 34 % ont perdu, 16 % vont perdre)
  • 45  % des ouvriers/employés ont ou vont perdre des congés ou RTT (dans le détail, 31 % ont perdu, 15 % vont perdre)

Dans le public, les chiffres sont plus faibles (38 % déclarent perdre des congés) car l’ordonnance sur le prélèvement des jours de congés ou de RTT dans le public a été publiée le 15 avril 2020, au milieu de la collecte de notre enquête. Cette ordonnance prévoit le prélèvement de 10 jours dans la fonction publique d’Etat pour les personnes en autorisation spéciale d’absence, et le chef de service peut imposer 5 jours supplémentaires pour les personnes qui télétravaillent. Ces mêmes dispositions sont possibles dans la fonction publique territoriale, à la discrétion des collectivités, ce qui pénalisera la majorité des fonctionnaires et notamment les femmes.

 2.2 – Chantage à l’emploi : ça commence !

Un tiers des salariés du privé craignent pour leur emploi et notamment les précaires (en CDD ou intérim) chez qui ce chiffre s’élève à 47 %. À noter, malgré leur niveau de qualification, les cadres du privé sont 30 % à craindre pour leur emploi, à peine moins que les ouvriers/employés (35 %).

La crainte de perdre son emploi est très élevée dans certains secteurs d’activité : de l’audiovisuel et spectacle (48 %) ; du livre et de la communication (51 %) et du textile (49 %).

Alors que les entreprises ont reçu des milliards d’euros d’aides publiques, 83 % des encadrant·es indiquent qu’aucune mesure de protection de l’emploi n’a été mise en place.

Dans le détail :

  • 92 % des encadrant·es indiquent que leur employeur n’a pas mis en place de mesure d’arrêt temporaire des licenciements,
  • 90 % des encadrant·es indiquent qu’il n’y a pas de mesure de renouvellement des contrats courts

“Nous (l’ensemble des 3 salariés de la boîte) avons été convoqués pour une reprise du travail ce mercredi 15 avril. Malgré mes demandes d’information rien ne me parvient avant le mercredi matin en question à l’entrepôt : nous reprenons le travail, sans masque, avec deux paires de gants chacun (qui se déchirent en une heure environ) pour la journée. Deux dans le camion pour aller sur un chantier où nous côtoyons d’autres corps de métier. Après avoir signalé au patron de la boîte que les conditions de travail ne sont pas sécurisantes, nous avons le droit à une réunion le soir même lors de laquelle il nous a été dit que soit on continue comme ça soit on peut quitter la boîte.”

Alerte déposée par Thomas, installateur thermique et sanitaire, sur luttevirale.fr/alerte

2.3 – 56 % des salarié·es en chômage partiel ont perdu des revenus

Plus de la moitié des salarié·es en chômage partiel ont perdu des revenus depuis le début du confinement.

Pourtant, la prise en charge de 84 % du salaire en cas de chômage partiel, associée aux exonérations de cotisations pour les entreprises continuant à rémunérer leurs salariés à 100 %, aurait dû permettre aux entreprises de maintenir intégralement les salaires.

Ceci concerne d’abord les salariés ayant les salaires les plus faibles, les ouvriers/employés qui sont les plus nombreux à être en chômage partiel, pour qui une brutale chute de revenus est d’autant plus compliquée.

A noter, 14 % des salarié·es qui ont continué à travailler en présentiel et 6 % de ceux qui sont en télétravail disent avoir perdu des revenus, contre 3 % qui en ont gagné en présentiel et 1 % en télétravail ! On est bien loin de la prime promise par le gouvernement à toutes celles et ceux qui continuent à se rendre sur leur lieu de travail et mettent en danger leur santé !

Champ : salarié du privé

2.4 – Des conditions de travail dégradées par le confinement et le risque sanitaire

Pour un tiers des cadres et des professions intermédiaires : une augmentation de la charge de travail.

L’augmentation de la charge de travail est particulièrement forte chez les encadrant·es et atteint 39 % (contre 28 % pour les non-encadrant·es). De même, pour un quart des encadrant·es, le temps de travail a augmenté (contre 19 % des non-encadrant-es).

Les ouvriers/employés sont tout de même 20 % à relever une augmentation de leur temps de travail et 34 % une augmentation de leur charge de travail. Le travail s’est intensifié dans de nombreux secteurs comme l’agroalimentaire, le commerce, la santé… Ainsi 54 % des répondant·es de la fonction publique hospitalière déclarent une hausse de la charge de travail tout comme 50 % dans l’Education nationale. Pour 3 salarié·es de l’hospitalière sur 10 leur temps de travail a augmenté tout comme 4 sur 10 au sein de l’Education nationale.

Des secteurs souvent à prédominance féminine, ce qui explique que les femmes sont davantage concernées par la hausse de la charge de travail (36 % contre 29 % pour les hommes). Quand on sait dans le même temps qu’elles ont été les plus impactées par la surcharge de tâches domestiques liées à la fermeture des écoles (voir à suivre), on mesure la pression qui pèse aujourd’hui sur les femmes.

A noter,

  • Les cadres travaillent déjà 44h30 en moyenne et les techniciens/Professions Intermédiaires 42h30
  • Cette augmentation de temps et de charge de travail s’est faite sans rémunération supplémentaire, puisque seuls 1 % des cadres et et professions intermédiaires et 2 % des ouvriers/employés disent avoir vu leurs revenus augmenter depuis le début du confinement

L’augmentation de la charge et du temps de travail est notamment relevée dans les secteurs suivants :

  • Journalistes : 54 % de salarié·es qui déclarent une augmentation de la charge de travail, 43 % une d’augmentation du temps de travail
  • Santé : 46 % de salarié·es qui déclarent une augmentation de la charge de travail, 28 % une d’augmentation du temps de travail
  • Agroalimentaire : 44 % de salarié·es qui déclarent une augmentation de la charge de travail, 26 % d’augmentation du temps de travail
  • Commerce : 42 % de salarié·es qui déclarent une augmentation de la charge de travail, 23 % une d’augmentation du temps de travail
  • Banques et assurances : 30 % des salarié·es qui déclarent une augmentation de la charge de travail, 21 % une d’augmentation du temps de travail

A l’inverse, un tiers des cadres ont vu au contraire leur charge de travail baisser, 40 % des professions intermédiaires et 38 % des ouvriers/employés. Les baisses de la charge et du temps de travail sont plus fortes dans la fonction publique (39 %) que dans le secteur privé (35 %). Cependant la fonction publique hospitalière et l’éducation nationale sont des secteurs où relativement peu d’agents ont connu une baisse de leur charge de travail (respectivement 26 % et 29 %).

Modification de missions et du contenu du travail pour près de la moitié des répondant·es

Champ : salarié·e en poursuite d’activité (présentiel ou télétravail) déclarant une modification de leurs missions, charge de travail ou temps de travail.

50 % des répondant·es disent avoir subi des modifications de missions et du contenu de leur travail depuis le début du confinement.

Ces modifications de missions sont d’abord liées à :

  • l’évolution de la demande liée à la crise (65 %) ;
  • des problèmes imprévus et difficultés d’adaptation de l’activité à la situation (34 %), ce qui a concerné d’abord les cadres ;
  • l’obligation de suppléer des collègues absents (25 %), ce qui a concerné d’abord l’exécution ;
  • des difficultés liées au télétravail (problèmes de connexion, de matériel…) 31 %, chiffre qui monte à 34 % chez les cadres et 33 % professions intermédiaires ;
  • des demandes injustifiées de l’employeur 6 %.

2.5 – Pour les femmes, la double peine

La charge des enfants repose (toujours !) principalement sur les femmes.

Parmi les parents d’enfants de moins de 16 ans qui continuent à travailler, 43  % des femmes et 26 % des hommes disent passer plus de 4 heures supplémentaires par jour à s’occuper de leurs enfants.

Cette situation affecte davantage les salarié·es en télétravail qui, dès lors que leur emploi était télétravaillable, n’avaient pas droit à un arrêt « garde d’enfants ».

Ainsi, parmi les salarié·es en télétravail, 26 % des hommes mais 47 % des femmes disent passer plus de 4 heures supplémentaires par jour à s’occuper des enfants.

Le confinement génère des tensions et des violences dans le couple.

20 % des répondant·es disent que le confinement a généré des tensions dans leur couple.

Ce chiffre est encore plus élevé pour les couples dont les 2 conjoints sont à la maison, en inactivité ou en télétravail (23 %).

Le fait d’avoir des enfants de moins de 16 ans est un facteur aggravant, probablement du fait de la tension quotidienne liée à la répartition des tâches ménagères supplémentaires afférentes. Ainsi quand les deux conjoints sont au domicile et qu’ils ont au moins un enfant de moins de 16 ans, 28 % déclarent des tensions contre 18 % pour les couples sans enfant de moins de 16 ans. Un sujet pour les employeurs car également 28 % des répondant·es qui télétravaillent déclarent que le confinement a provoqué des tensions dans leur couple.

14 % des répondant·es ayant signalé des tensions parlent également de violences (physiques et/ou verbales). Quand les 2 conjoint·es sont en inactivité confinés à la maison, ce taux atteint 18 %.

Au global, ce sont 2 % des répondant·es qui nous ont signalé que le confinement avait généré des violences (physiques ou verbales) de la part de leur conjoint. Pour les télétravailleuses, la responsabilité de l’employeur peut être directement interpellée alors qu’aucune mesure de prévention n’est mise en place !

2.6 – Généralisation du non-respect du droit

La période de confinement a été marquée par un non-respect du droit du travail généralisé :

  • pour les salarié·es travaillant sur site sans mesures de protections suffisantes  ;
  • pour les télétravailleuses et télétravailleurs sans prise en charge de leurs équipement de travail, ni respect de leur temps de travail ;
  • pour les salarié·es en chômage partiel ou arrêt maladie :
    • 31 % d’entre eux ont dû continuer à travailler malgré le chômage partiel total ou l’arrêt maladie, dont 10 % déclarent l’avoir fait souvent ou tout le temps ! Ceci est illégal et s’apparente à du travail au noir.
    • Ce phénomène est concentré dans le secteur privé pour les salarié·es en chômage partiel total et dans la fonction publique pour celles et ceux placé·e·s en autorisation spéciale d’absence.

12 % des salarié·es en arrêt maladie ordinaire indiquent avoir dû insister pour obtenir cet arrêt. Dans 2 tiers des cas, c’était leur employeur qui était réticent !

 

Pour connaitre les suites, il suffit de laisser votre mail :

 

 

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