< [Covid-19] L’encadrement, critique des mesures mises en place par les employeurs

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Attention ! Cette fonction n'est pas destinée à dispenser des conseils médicaux ou sanitaires. Pour cela, consultez le site https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus ou appelez le 0 800 130 000. En ce qui concerne les situations et infractions rapportées ici, nous ferons de notre mieux pour vous aider à y faire face, ensemble, dans la limite de nos moyens. Aucune donnée ou information ne sera utilisée sans votre consentement explicite.

Une vision qui confirme celle des salarié·es individuellement concerné·es

Nous avons interrogé l’encadrement au sens large (cadres et professions techniciennes et intermédiaires) sur leur vision des dispositions mises en place par l’employeur.

Cette vision rejoint globalement celles des salarié·es individuellement concerné·es, en pointant l’insuffisance des dispositions mises en place.

La vision des encadrant·es est plus modérée, étant directement en responsabilité pour la réorganisation du travail et la mise en place des mesures, mais reste toutefois critique.

Plus de la moitié de l’encadrement (55 %) considère que la poursuite d’activités en présentiel constitue un risque de contamination de salarié·es ou de la population

Pour 3 répondant·es sur 10, il serait pourtant possible de limiter encore l’activité en présentiel dans leur établissement. Un tiers considèrent que les activités réalisées en présentiel ne sont pas indispensables en période d’épidémie.

Nous avons interrogé les encadrant·es, qui supervisent le travail d’autres salarié·es sur les mesures de prévention mises en place dans leur entreprise.

Qu’ils et elles soient syndiqué·es ou non, leur analyse est même plus sévère que celle des salarié·es directement concerné·es :

  • 45 % disent que l’employeur n’a pas mis en place de distance de sécurité d’au-moins un mètre entre les personnes.
  • 62 % qu’il n’a pas mis à disposition de masques et gants en quantité suffisante.
  • 55 % qu’il n’a pas mis à disposition de moyens de désinfection des surfaces ou objets souillés.
  • 64 % qu’il n’a pas mis en place d’arrêt maladie préventif pour les salarié·es vulnérables.
  • 65 % qu’il n’a pas mis en place d’éloignement immédiat pour tout·e salarié·e malade et les collègues en contact les jours précédents.
  • 91 % qu’il n’a pas mis en place d’alternative à l’utilisation des transports en commun.
  • 14 % disent que leur employeur n’a pris aucune mesure de prévention et de protection.

Sur le télétravail, le constat des encadrant·es est tout aussi sévère :

  • Un tiers indiquent que l’employeur n’a pas mis d’équipement informatique à disposition (ordinateur, téléphone, logiciel) ;
  • 80 % que l’employeur n’a pas mis en place d’un droit à la déconnexion pour garantir les périodes de repos ;
  • 80 % que l’employeur n’a pas défini les plages horaires précises durant lesquelles le/la salarié·e doit être joignable ;
  • 82 % que l’employeur n’a pas réduit le temps et charge de travail pour les parents d’enfants de moins de 16 ans ;
  • 84 % que l’employeur n’a pas pris en charge les frais de connexion et de logiciels ;
  • 15 % des encadrant·es estiment même qu’aucune mesure n’a été mise en place dans le cadre du télétravail.

Le besoin de se faire entendre

Des pressions ou consignes inadaptées à la sécurité sanitaire des collègues ou aux normes professionnelles dans les secteurs de prise en charge des personnes

14 % des encadrant·es nous disent avoir reçu, durant la période de confinement, des pressions ou consignes inadaptées à la sécurité sanitaire des collègues ou aux normes professionnelles

Ce chiffre monte à 41 % dans la fonction publique hospitalière ! Un niveau inquiétant quand on mesure les conséquences pour les personnes prises en charge.

27 % des encadrant·es indiquent que s’ils avaient disposé d’un droit d’alerte, de refus et de proposition alternative relatif à la situation sanitaire ou aux normes professionnelles, ils auraient été amenés à l’exercer depuis le début de la crise !

Responsabilité juridique de l’encadrement : une méconnaissance qui interroge

L’enquête témoigne d’une grande méconnaissance sur le fait que la responsabilité juridique des cadres et agents de maîtrise peut être engagée en cas de défaut de mise en œuvre des règles de sécurité ou sanitaires.

Ainsi 80 % d’entre eux considèrent que leur responsabilité ne peut pas être engagée.

Une méconnaissance qui interroge alors qu’en cas de problème les cadres servent souvent de bouc-émissaires et qu’il n’est pas rare que leur responsabilité soit engagée devant les tribunaux. Tel est le cas par exemple dans l’affaire de la catastrophe ferroviaire de Brétigny : c’est un jeune cadre de proximité, en charge de superviser l’entretien des voies, qui s’est retrouvé mis en examen pour homicides et blessures involontaires.

 

Pour connaitre les suites, il suffit de laisser votre mail :

 

 

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