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Contexte

L’enquête Acemo de la DARES a offert un portrait de la situation des salarié·es pendant le confinement. Mais ses résultats présentent deux problèmes : elle interrogeait les entreprises privées et non les salarié·es, de plus, très peu d’éléments étaient apportés sur le contenu du travail et la réalité des conditions de travail.

Tableau : Situation des salarié·es d’après l’enquête Acemo-flash (Dares)

Acemo flash (Dares)
Part des salarié·es travaillant sur site ou sur chantier 27 %
Part des salarié·es en télétravail 25 %
Part des salarié·es en chômage partiel 25 %
Part des salarié·es en autre situation (arrêt maladie, congés…) 23 %

Source : enquête flash Acemo (Dares, collecte du 1er au 10 avril 2020)

Champ : salariés du privé (entreprises de plus de 10 salariés pour Acemo-flash)

L’enquête de l’Ugict-CGT Ugict et de la CGT des ministères sociaux présente alors l’intérêt fondamental de s’intéresser au vécu des salarié·es quel que soit leur situation d’activité et leur employeur.

TrePid : une enquête pour le bien public ?

Pour la première fois, une enquête quantitative rigoureuse à l’initiative d’une organisation syndicale a été menée : “Le travail sous épidémie (TrEpid) : une enquête nationale” par l’Ugict-CGT et les statisticiennes et statisticiens CGT de la DARES et de la DREES. (Pour en savoir plus voir l’annexe méthodologique en fin de document.)

Bien sûr, elle n’ambitionne pas de se substituer aux données scientifiques ou établies par la statistique publique (Insee, services ministériels et Inserm en tête) et n’a pu se faire avec les mêmes moyens humains et techniques.

Mais tout du long des étapes, elle a respecté autant que possible les règles et usages méthodologiques de la profession grâce au pilotage des statisticien·nes de la CGT des ministères sociaux (DARES et DREES).

Avec 34 000 réponses, elle offre le seul matériau d’études qui interroge les conditions de travail au cœur de la crise sanitaire que nous vivons.

C’est une enquête qui répond à de nombreuses interrogations du débat public :

  • Contrairement aux pays voisins, le gouvernement n’a pas publié de listes de professions ou d’activités essentielles pour le pays. Les répondant·es sont nombreux à répondre exercer leur activité en présentiel sans pour autant avoir des missions essentielles. Ce sont autant de salarié·es soumis à des risques inutiles, mettant en danger leur santé, celles de leurs collègues et de leurs proches.
  • Le débat sur les masques les moyens de protection a irrigué l’espace médiatique. Sur le terrain, les salarié·es confirment massivement n’avoir pu être protégé·es convenablement et devoir se rendre sur leur lieu de travail “la boule au ventre” de peur d’être contaminé. Ce sont les salarié·es des TPE/PME et les plus précaires qui déclarent plus souvent être sans protection.

Cette enquête apporte des éléments nouveaux :

  • La précarité est déjà en train de s’aggraver. 4 salarié.es en CDD sur 10 ont des craintes pour leur emploi. Ce chiffre terrifiant rappelle l’incapacité des contrats courts à protéger les salarié·es face à la conjoncture.
  • En chômage partiel, les salarié-es font face à l’enjeu de la sauvegarde de leur emploi (souvent des ouvrier·es et des employé·es). Mais plus de la moitié déclarent déjà des pertes de revenus. C’est un défi politique immédiat, qui accroit les inégalités.
  • La charge de travail a augmenté pour une part importante des salarié·es, en particulier pour celles et ceux en présentiel. Mais cette charge supplémentaire n’a fait l’objet d’aucune compensation financière jusqu’à présent.

Ce surtravail gratuit prend des proportions majeures dans le secteur de la santé et donc a fortiori pour des professions très féminisées.

  • Elle offre un aperçu du vécu en télétravail. Contrairement à certains stéréotypes, la mise en place du télétravail à temps plein est très difficile. Faute de moyens techniques et ergonomiques mis à leur disposition par l’employeur, la moitié des salarié·es déclarent l’apparition douleurs musculo-squelettiques. Ce sont aussi les risques pour la santé mentale qui augmentent. Une majorité de télétravailleur·ses font part de leur isolement et du manque d’échanges avec les collègues. Une anxiété inhabituelle du confinement est très marquée.
  • Le télétravail subi a pénalisé davantage les femmes qui sont plus nombreuses à déclarer devoir s’occuper en parallèle de leurs enfants et devoir y consacrer un temps supérieur.

 

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